« Mais alors », dit Alice, « si le monde n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un?« 
Lewis Caroll, Alice au pays des Merveilles.

 

Ce matin, je me suis réveillée avec, dans la tête, ce petit air de Gainsbourg  » Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve »! Sur le coup, le message m’a paru si drôle et si juste que je crois que le moment est venu que je te raconte, dans les très grandes lignes, mon histoire.

J’ai grandi dans l’incompréhension d’un monde pour moi chaotique et dysharmonieux où rien ne semblait être à sa place.

J’ai construit ma vie personnelle et professionnelle en fonction des codes reçus de l’éducation et de la société. Et j’ai passé quelques années à m’adapter, quelquefois me sur-adapter à un monde malade de sa matérialité et  de l’inversion  de ses valeurs. Valeurs vides de sens, quelquefois erronées, bafouant  souvent le vivant et l’Humain.

J’ai senti  grandir la guerre en moi et je me suis aperçue que je n’étais pas heureuse malgré les apparences. J’ai d’abord voulu fermer les yeux, dormant sur une bombe émotionnelle savamment mise à distance par des stratégies d’évitement et de fuite. Confondant approbation et amour, satisfaction et joie de vivre. Cherchant à l’extérieur les occasions très éphémères de me réjouir. De nombreux messages nous portent à cela, tu ne trouves pas?

Et comme je résistais certainement  un peu trop aux messages de mon inconscient, auto sabotage à la clé, celui-ci a fini par me rattraper en me présentant deux ou trois expériences un peu plus « calibrées » en intensité. Pour que je comprenne que je n’étais pas vraiment sur le bon chemin et peut être pas vraiment au bon endroit.  Et que j’accepte de regarder sans complaisance en direction de mon monde intérieur. Ce que j’appelle « l’inconscient », tu l’appelleras peut être dieu, ou la vie, ou l’Univers… C’est comme tu veux..

Au troisième tsunami de ma vie, j’ai ( enfin) accepté de me laisser tomber dans le vide. A aller jusqu’au bout du mouvement de descente et à rester au fond jusqu’à ce que le process se termine. A lâcher prise sur tout, absolument tout ce qui me venait de l’extérieur

Je me suis alors éveillée à l’Illusion de la matière, plongeant dans le monde subtil et intangible des ressentis et des intuitions. .Mon monde intérieur s’est déconstruit, brique à brique et une destruction  méthodique s’est opérée, m’emmenant sur le chemin de mes dysfonctionnements, mes blocages, mes limites intérieures et mes blessures. Jusqu’à la compréhension profonde que je ne voulais plus ni me trahir ni m’abandonner moi -même.

J’ai appris , presque malgré moi, à ressentir le moment présent et à le faire durer le plus longtemps possible, passant d’une bulle de temps à une autre bulle de temps. J’ai appris  à accueillir et accompagner mes émotions  puis à les transformer jusqu’à l’émergence de la joie et de l’apaisement J’ai appris à me sentir vivante et à traverser la journée un peu plus fort, un peu plus doux. J’ai appris à jouer avec le silence jusqu’à l’explosion des idées. C’est à la portée de tous.

J’ai appris à être enfin heureuse, seule. Etre heureuse avant toute autre chose. Etre heureuse maintenant et sans attendre, le week end, les vacances, les autres…Il me semble que le bonheur se construit à l’intérieur de chacun d’entre nous à la faveur de la connaissance de son être profond, de la vérité de qui l’on est, et d’une intégrité dirigée vers soi même. Etre en accord avec soi pour les petites et les grandes choses libère des torrents d’énergie dirigée vers la création et procure une sensation de joie intense… et intrinsèque. Alors le bonheur, c’est peut être tout simplement un état émotionnel interne, de stabilité et de sérénité, une sensation de plénitude avec laquelle le monde extérieur n’a pas grand chose à voir. Et  peut être même le bonheur se choisit-il. A la faveur d’une d’étincelle qui jaillit après un grand vacillement intérieur.

Pendant que je vivais intensément toutes ces choses dans mon intériorité, ma réalité et mon monde extérieur se sont déconstruits eux aussi.  Un nouvel environnement a  progressivement pris forme  pour s’adapter à celle que je suis devenue: nouvelles relations, nouvelles aspirations, nouvelles opportunités. Dans un mouvement propice à leur rendre tout leur sens, les choses extérieures se sont tranquillement remises à leur place, sans heurt et en bon ordre. C’est peut être cela le Nouveau Monde dont nous entendons tant parlé? Peut être le portons à l’intérieur de chacun d’entre nous? Il nous suffirait alors de le dépoussiérer, de nous remettre au centre de nos vies et de nous aligner, paroles et actes avec qui nous sommes vraiment au plus profond de nous. Et nous le ferions  briller à l’extérieur. Et  peut être  grandirait-il autour de nous dans un mouvement fractal 🙂

L’esprit sans le corps n’est d’aucune utilité. Aussi merveilleuse qu’ait été ma  période d' »apprentissage » dans ces dimensions subtiles de l’esprit et des émotions , je me suis décidée à retourner dans la matière pour exister. Pour y vivre le plus intensément possible.  Pour  y créer et y ancrer le maximum de positif depuis un espace d’envies et de plaisir. Créer est le plus grand privilège et le plus grand pouvoir  donné par la Vie. Créer est l’essence même de la nature humaine, celle qui nous rapproche du divin. De toute éternité, tout est déjà là, en nous. Et les pensées sont le tapis rouge qui mène à nos rêves..

Et toi?

As-tu envie d’un ticket gagnant pour libérer l’énergie de ta créativité et te diriger vers un monde plus lumineux? Pour te  libérer des résistances  enseignées par l’ancien monde et ses paradigmes éculés?

Si c’est le cas, il me semble que tout commence par ton bonheur intérieur et ta manière de le définir: peut être vaincre l’ennui, peut être prendre ton temps et le temps d’aimer, peut être tout à fait autre chose …Tu as (presque) tous les droits et ta vie t’appartient, à toi seul(e). .

Alors, kiffe la vie!

Sois d’abord  heureux(se), vibre ton bonheur… et le reste suivra.